Benyamin Netanyahou, surnommé Bibi, est un homme d’État israélien, président du Likoud, parti national-conservateur, et Premier ministre d’Israël à plusieurs reprises.
Il est né le 21 octobre 1949 à Tel Aviv, dans une famille engagée dans le sionisme révisionniste, qui prône un nationalisme intégral et un État juif sur tout le territoire de la Palestine historique. Son père, Benzion Netanyahou, est un historien qui voit dans l’antisémitisme un phénomène universel et éternel. Son frère aîné, Jonathan Netanyahou, est tué en 1976 lors de l’opération Entebbe, une mission de sauvetage d’otages israéliens en Ouganda.
Benyamin Netanyahou passe une grande partie de sa jeunesse aux États-Unis, où il obtient un diplôme en management au Massachusetts Institute of Technology. Il effectue son service militaire dans une unité d’élite de l’armée israélienne et participe à plusieurs opérations contre les fedayins de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Il crée ensuite l’institut Jonathan, consacré à l’étude du terrorisme international.
Il entre en politique en 1982, comme conseiller de l’ambassadeur d’Israël à Washington, Moshé Arens. Il devient ensuite ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, entre 1984 et 1988. Il se fait remarquer par ses qualités de communicateur et sa défense intransigeante de la cause israélienne.
Il est élu député du Likoud à la Knesset en 1988 et occupe plusieurs postes ministériels sous les gouvernements de Yitzhak Shamir et d’Ariel Sharon. Il devient le chef du Likoud en 1993 et s’oppose aux accords d’Oslo signés entre Israël et l’OLP.
Il est élu Premier ministre pour la première fois en 1996, à la tête d’une coalition de droite. Il mène une politique sécuritaire et nationaliste, tout en acceptant de négocier avec les Palestiniens sous la pression des États-Unis. Il signe notamment les accords de Wye Plantation et de Charm el-Cheikh, qui prévoient des retraits israéliens partiels de la Cisjordanie. Il est battu en 1999 par Ehud Barak, le candidat travailliste.
Il revient au pouvoir en 2009, après avoir été réélu à la tête du Likoud en 2005. Il forme plusieurs coalitions avec des partis religieux, nationalistes ou centristes. Il affronte plusieurs crises internes et externes, comme les manifestations sociales de 2011, les conflits avec le Hamas à Gaza en 2008-2009, 2012 et 2014, les tensions avec l’Iran sur son programme nucléaire ou les divergences avec l’administration Obama sur le processus de paix avec les Palestiniens.
Il est réélu en 2013, 2015 et 2019, mais il ne parvient pas à former un gouvernement stable après les trois scrutins de 2019 et 2020. Il doit également faire face à des accusations de corruption, pour lesquelles il est mis en examen en novembre 2019. Il conclut finalement un accord avec son rival Benny Gantz, le chef du parti Bleu et blanc, pour former un gouvernement d’union nationale en mai 2020. Selon cet accord, il doit céder le poste de Premier ministre à Gantz au bout de dix-huit mois.
Il est considéré comme le Premier ministre le plus longtemps au pouvoir dans l’histoire d’Israël. Il est également le premier à être jugé pour des faits présumés commis pendant son mandat.
Il est marié depuis 1991 avec Sara Ben-Artzi, une psychologue. Il a eu deux fils avec elle : Yair et Avner. Il a également une fille, Noa, issue de son premier mariage avec Miriam Weizmann.
Il est l’auteur de plusieurs livres sur le terrorisme, la sécurité nationale ou la diplomatie israélienne. Parmi ses œuvres principales, on peut citer :
- Terrorism: How the West Can Win (1986)
- A Place Among the Nations: Israel and the World (1993)
- Fighting Terrorism: How Democracies Can Defeat Domestic and International Terrorists (1995)
- A Durable Peace: Israel and Its Place Among the Nations (2000)
La perception de Benyamin Netanyahou par la population israélienne est très contrastée. Il a à la fois des partisans fidèles et des opposants farouches, qui le jugent sur ses positions politiques, son style de gouvernance et ses affaires judiciaires.
D’un côté, il y a ceux qui le soutiennent pour sa défense de la sécurité d’Israël, sa gestion de la crise sanitaire, ses accords de normalisation avec des pays arabes et son leadership charismatique. Ils le considèrent comme le seul capable de diriger le pays dans une région instable et menaçante. Ils lui sont reconnaissants d’avoir renforcé l’économie israélienne et d’avoir résisté aux pressions internationales pour faire des concessions aux Palestiniens. Ils le voient comme un héros national et un symbole du sionisme.
De l’autre côté, il y a ceux qui le rejettent pour sa politique de colonisation, son alliance avec les partis religieux et d’extrême droite, son autoritarisme, sa corruption et son incitation à la division. Ils l’accusent d’avoir affaibli la démocratie israélienne, d’avoir aggravé les inégalités sociales, d’avoir négligé la paix avec les Palestiniens et d’avoir isolé Israël sur la scène internationale. Ils le voient comme un manipulateur, un menteur et un danger pour l’avenir du pays.
Selon les sondages, Benyamin Netanyahou est à la fois le dirigeant le plus populaire et le plus impopulaire d’Israël. Il bénéficie d’un taux de satisfaction de 45 % en mars 2021, mais aussi d’un taux de rejet de 52 % en juin 2021. Il a réussi à se maintenir au pouvoir pendant douze ans consécutifs, mais il a aussi échoué à former une majorité stable lors des quatre dernières élections. Il a finalement été évincé du poste de Premier ministre le 13 juin 2021 par une coalition hétéroclite de huit partis allant de la gauche à la droite, unis par leur volonté de mettre fin à son règne.
Benyamin Netanyahou a renforcé l’économie israélienne en adoptant une politique libérale et en misant sur le secteur de la haute technologie. Voici quelques exemples de ses actions :
- Il a réduit les impôts, les dépenses publiques et la dette publique, favorisant ainsi la croissance et l’investissement privé.
- Il a encouragé l’innovation et l’entrepreneuriat, notamment dans les domaines de la cybersécurité, de l’intelligence artificielle, de la biotechnologie ou de l’aérospatiale.
- Il a signé des accords commerciaux avec des pays émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil, diversifiant ainsi les partenaires économiques d’Israël.
- Il a exploité les ressources énergétiques naturelles, comme le gaz offshore, qui ont permis à Israël de réduire sa dépendance aux importations et d’augmenter ses exportations.
- Il a négocié des accords de normalisation avec des pays arabes comme les Émirats arabes unis ou le Bahreïn, ouvrant ainsi de nouvelles opportunités de coopération économique dans la région.
Ces mesures ont permis à Israël de devenir une puissance économique régionale, avec un PIB par habitant supérieur à celui de la France ou du Japon. Israël est également reconnu comme une “start-up nation”, avec le plus grand nombre de start-up par habitant au monde.