Le dispositif Vigipirate

Le dispositif Vigipirate est un plan gouvernemental qui relève du Premier ministre et associe tous les ministères. Il est un outil central du dispositif français de lutte contre le terrorisme, qui prend acte du maintien durable de cette menace à un niveau élevé. Le plan Vigipirate comporte trois niveaux de vigilance et de protection : sécurité renforcée-risque attentaturgence attentat et sortie de crise. Chaque niveau correspond à un ensemble de mesures adaptées à la nature et à l’intensité de la menace.

Le niveau sécurité renforcée-risque attentat est le niveau permanent du plan Vigipirate. Il vise à prévenir le risque d’actions terroristes sur le territoire national et à protéger les intérêts français à l’étranger. Il implique une vigilance accrue de la part des autorités et des citoyens, ainsi que la mise en œuvre de mesures de sécurité renforcées dans les lieux sensibles ou exposés.

Le niveau urgence attentat est déclenché en cas d’attaque terroriste imminente ou en cours. Il vise à assurer la mobilisation exceptionnelle des moyens nécessaires pour faire face à la situation de crise et prévenir de nouvelles attaques. Il implique le déploiement de forces de sécurité supplémentaires, la restriction de la circulation et de l’accès à certains espaces publics, l’activation de cellules de crise et la diffusion d’informations et de consignes aux populations.

Le niveau sortie de crise est activé lorsque la menace terroriste s’estompe ou que les auteurs des attaques ont été neutralisés. Il vise à accompagner le retour progressif à la normale, tout en maintenant une vigilance adaptée au contexte. Il implique la levée progressive des mesures d’urgence, le soutien aux victimes et aux témoins, l’évaluation des dispositifs mis en œuvre et le renforcement des actions de prévention et de résilience.

Le 13 octobre 2023, suite à l’attaque à caractère terroriste qui s’est produite à Arras, où un professeur de français a été assassiné par un Tchétchène, la Première ministre Élisabeth Borne a décidé d’élever la posture du plan Vigipirate sur l’ensemble du territoire national au niveau urgence attentat. Cette décision a entraîné le renforcement des mesures de protection dans les établissements scolaires, les lieux de culte, les transports en commun et les lieux publics. Les autorités ont appelé les citoyens à faire preuve de prudence et à respecter les consignes diffusées par les services de l’État.

Création du plan Vigipirate

Le plan Vigipirate a été créé en 1981, sous le nom de plan Pirate. Il s’agissait d’un dispositif d’alerte à destination des autorités et des établissements publics et privés, face à la montée des menaces terroristes en France et en Europe. Le nom Vigipirate a été adopté en 1995, après les attentats de Paris et du RER Saint-Michel. Il s’agissait alors de renforcer la vigilance et la protection contre le terrorisme, en associant tous les acteurs de la nation. Depuis, le plan Vigipirate a connu plusieurs actualisations et adaptations, en fonction de l’évolution de la menace et des besoins de sécurité.

Rôle de la police dans le plan Vigipirate

Le rôle de la police dans le plan Vigipirate est de participer à la vigilance, à la prévention et à la protection contre la menace terroriste, en collaboration avec les autres acteurs de la sécurité nationale. La police assure notamment les missions suivantes :

  • Contrôler et fouiller les personnes, les bagages et les véhicules dans les lieux publics ou sensibles, en cas de suspicion ou de signalement.
  • Renforcer la surveillance et la sécurisation des sites stratégiques, des infrastructures de transport, des établissements scolaires, des lieux de culte et des rassemblements publics.
  • Intervenir rapidement et efficacement en cas d’attaque terroriste, en coordination avec les forces militaires et les services de secours.
  • Identifier et neutraliser les auteurs d’actes terroristes, en utilisant les moyens techniques et judiciaires appropriés.
  • Prévenir et réprimer les actes de radicalisation, de propagande ou d’apologie du terrorisme, en collaboration avec les services de renseignement et les acteurs sociaux.

Le rôle de l’armée dans le plan Vigipirate

Le rôle de l’armée dans le plan Vigipirate est de participer à la sécurisation du territoire national, en complément des forces de police et de gendarmerie. Les militaires assurent notamment les missions suivantes :

  • Effectuer des patrouilles dissuasives dans les lieux publics ou sensibles, susceptibles d’être visés par des attaques terroristes.
  • Surveiller et signaler aux autorités civiles tout objet ou comportement suspect, dans le cadre de la vigilance Vigipirate.
  • Intervenir en cas de besoin pour appuyer les forces de l’ordre ou les services de secours, en cas d’attaque terroriste en cours ou imminente.
  • Protéger les sites stratégiques, les infrastructures de transport, les établissements scolaires, les lieux de culte et les rassemblements publics.

Les militaires sont associés à l’opération Sentinelle, qui vient en renfort du plan Vigipirate depuis 2015. Il s’agit d’un dispositif permanent qui mobilise environ 10 000 soldats sur le territoire national, sous l’autorité du ministère des Armées. L’opération Sentinelle vise à renforcer la protection des Français face à la menace terroriste, en adaptant ses moyens et ses modes d’action aux besoins du terrain.

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