Gérald Moussa Darmanin est un homme politique français, né le 11 octobre 1982 à Valenciennes, dans le Nord. Il est actuellement ministre de l’Intérieur et des Outre-mer dans le gouvernement d’Élisabeth Borne.
Issu d’une famille modeste, d’un père tenancier de bar et d’une mère femme de ménage, descendant de harki, il commence à militer au Rassemblement pour la République (RPR) dès ses 16 ans. Il poursuit des études de droit et obtient un diplôme de l’Institut d’études politiques (IEP) de Lille.
Il débute sa carrière politique comme chef de cabinet de David Douillet au secrétariat d’État chargé des Français de l’étranger puis au ministère des Sports. Il devient ensuite directeur de cabinet du même ministre.
En 2012, il est élu député du Nord sous l’étiquette de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), devenue Les Républicains (LR) en 2015. Il est l’un des six parlementaires les plus jeunes de la législature. Il se spécialise dans les questions budgétaires et fiscales, et se définit comme un « gaulliste social ».
En 2014, il est élu maire de Tourcoing, sa ville d’origine, avec plus de 60 % des voix au second tour. Il s’attache à redynamiser la commune, en lançant notamment un plan de rénovation urbaine et en baissant les impôts locaux.
En 2016, il devient vice-président du conseil régional des Hauts-de-France, présidé par Xavier Bertrand. Il soutient François Fillon lors de la primaire de la droite et du centre pour l’élection présidentielle de 2017, puis devient porte-parole de Nicolas Sarkozy pour la campagne des élections régionales de 2015.
En 2017, il quitte LR et rejoint le mouvement En marche ! d’Emmanuel Macron. Il est nommé ministre de l’Action et des Comptes publics dans le gouvernement d’Édouard Philippe. Il mène plusieurs réformes, comme la suppression progressive de la taxe d’habitation, la baisse des cotisations sociales, la transformation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse pérenne des charges, ou encore la fusion des régimes de retraite complémentaire Agirc-Arrco.
En 2020, il est nommé ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Jean Castex. Il conserve son portefeuille dans le nouveau gouvernement d’Élisabeth Borne en 2022. Il est chargé notamment de la sécurité publique, du maintien de l’ordre, du renseignement, du terrorisme, de l’immigration, ou encore des cultes. Il affiche une ligne ferme sur ces sujets, en défendant par exemple la loi sur le séparatisme ou en annonçant la dissolution de plusieurs associations soupçonnées d’islamisme radical.
Sur le plan personnel, il partage la vie de Rose-Marie Devillers, rencontrée en 2009. Le couple se marie en août 2020 à Tourcoing. Ils ont deux fils : Maximilien, né en avril 2021, et Alec, né en septembre 2022.
Gérald Darmanin est également l’auteur de plusieurs livres politiques, comme Le Manifeste pour une droite décomplexée (2013), Rose Mafia (2014), ou encore Le Séparatisme islamiste : manifeste pour une République indivisible (2020).
Réformes de Gérald Darmanin
Voici quelques réformes menées par Gérald Darmanin en tant que ministre de l’Intérieur :
- La lutte contre les stupéfiants, avec la création de l’Office anti-stupéfiants (OFAST), la mise en place de l’amende forfaitaire délictuelle pour usage de drogues, le renforcement des moyens humains et matériels des forces de sécurité intérieure, ou encore la multiplication des opérations de démantèlement des points de vente.
- Le renforcement de la sécurité du quotidien, avec le déploiement de 10 000 policiers et gendarmes supplémentaires sur le terrain, la création des quartiers de reconquête républicaine (QRR), la modernisation des équipements et des infrastructures, ou encore le développement du continuum de sécurité avec les polices municipales et les acteurs locaux.
- L’amélioration de la prévention routière, avec la généralisation de l’éthylotest anti-démarrage comme alternative à la suspension du permis pour les conduites sous l’empire de l’alcool, le renforcement des sanctions pour le téléphone tenu en mains, l’abaissement de la vitesse maximale autorisée à 80 km/h sur les routes bidirectionnelles sans séparateur, ou encore le renforcement de l’action des polices municipales.
- La modernisation du ministère de l’Intérieur et des Outre-mer, avec l’adoption de la loi d’orientation et de programmation pour la performance et la modernisation du ministère (LOPMI), qui prévoit notamment la création d’un secrétariat général commun aux deux directions générales (DGPN et DGGN), la réforme du statut des fonctionnaires du ministère, ou encore la transformation numérique des services.
Les quartiers de reconquête républicaine (QRR)
Les quartiers de reconquête républicaine (QRR) sont un dispositif de la police de sécurité du quotidien. Il a pour but de lutter contre la délinquance et les trafics en déployant progressivement des moyens de police supplémentaires dans des lieux ciblés.
Les QRR fonctionnent selon les principes suivants :
- Ils sont choisis parmi les territoires où la délinquance et les trafics de stupéfiants en particulier ont significativement augmenté.
- Ils bénéficient d’un renfort de quinze à trente agents, composés de jeunes policiers sortis d’école mais également de fonctionnaires expérimentés.
- Ils doivent permettre un renforcement de la présence policière sur le terrain mais aussi des unités chargées de l’action judiciaire de proximité.
- Ils visent à restaurer le lien de confiance avec la population et à renforcer les partenariats avec les élus et les autres administrations de l’État.
- Ils sont évalués régulièrement par le ministère de l’Intérieur et des Outre-mer, qui prend en compte les indicateurs de délinquance, mais aussi la perception des habitants et des acteurs locaux.