Les accords de Camp David sont des accords historiques signés le 17 septembre 1978 entre l’Égypte et Israël, sous la médiation des États-Unis. Ils ont permis de mettre fin à un conflit de plus de trente ans entre les deux pays et d’établir le premier traité de paix entre Israël et un pays arabe. Ils ont également posé les bases d’une solution possible pour la question palestinienne, en reconnaissant les droits du peuple palestinien et en envisageant une autonomie pour les territoires occupés par Israël.
Les accords de Camp David sont le résultat de l’initiative personnelle du président égyptien Anouar el-Sadate, qui a surpris le monde entier en se rendant à Jérusalem en novembre 1977 pour prononcer un discours de paix devant la Knesset, le parlement israélien. Il a ainsi brisé le tabou d’une reconnaissance mutuelle entre Israël et les pays arabes, et ouvert la voie à des négociations directes avec le Premier ministre israélien Menahem Begin, sous l’égide du président américain Jimmy Carter.
Les négociations ont été difficiles et ont duré 13 jours dans le camp de vacances présidentiel de Camp David, dans le Maryland. Elles ont abouti à la signature de deux accords-cadres à la Maison-Blanche, en présence des trois dirigeants. Le premier accord portait sur le traité de paix entre l’Égypte et Israël, qui prévoyait le retrait israélien du Sinaï, occupé depuis la guerre des Six Jours de 1967, et l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays. Le second accord portait sur le futur statut des territoires palestiniens, notamment la Cisjordanie et la bande de Gaza, qui devaient bénéficier d’une autonomie transitoire en attendant une solution définitive.
Les accords de Camp David ont été salués par la communauté internationale et ont valu à Sadate et Begin le prix Nobel de la paix en 1978. Ils ont également été vivement critiqués par les autres pays arabes, qui ont rompu leurs relations avec l’Égypte et l’ont exclue de la Ligue arabe. Ils ont aussi suscité l’opposition de certains groupes palestiniens, qui les ont considérés comme une trahison de leur cause. Les accords n’ont pas été pleinement mis en œuvre, notamment en ce qui concerne l’autonomie palestinienne, qui a été entravée par les difficultés politiques internes en Israël et en Égypte, ainsi que par les violences dans les territoires occupés. Néanmoins, ils ont constitué une étape importante dans le processus de paix au Proche-Orient, et ont inspiré d’autres initiatives ultérieures, comme les accords d’Oslo en 1993 ou la conférence de Madrid en 1991.